L’actualité récente s’acharne sur les bannières alimentaires, les accusant d’être les seuls architectes de la cherté de la vie. Pourtant, une analyse froide des faits révèle une réalité bien différente. Pour comprendre pourquoi une majorité de la population adhère à cette version simpliste, il faut se tourner vers la littérature fantastique de Terry Goodkind et sa célèbre Première Règle du Sorcier :
« Les gens sont stupides ; ils croient ce qu’ils veulent être vrai, ou ce qu’ils redoutent être vrai. »
Le confort du coupable unique
Appliquer cette règle au dossier des épiceries est révélateur. Le public veut que l’épicier soit le méchant. Pourquoi ? Parce que si le problème vient uniquement de la cupidité d’une poignée de PDG, la solution semble facile : une taxe spéciale ou une loi, et le tour est joué. C’est une pensée magique qui évite de confronter une vérité beaucoup plus angoissante.
La vérité, celle que l’on redoute, c’est que l’inflation est structurelle. Elle est injectée dans le système par ceux-là mêmes qui prétendent nous en protéger.
La pyramide des coûts invisibles
Pendant que l’attention est braquée sur le profit net des détaillants — qui, rappelons-le, tourne autour de 2 % à 4 % — une armée d’intervenants se « graisse la patte » dans l’ombre, souvent par le biais de la contrainte étatique :
- Le fisc omniprésent : Des taxes sur le carbone qui augmentent le coût du transport, aux taxes foncières commerciales, chaque étape de la chaîne est une ponction gouvernementale.
- La bureaucratie réglementaire : Les permis, les normes d’étiquetage et les tarifs d’importation agissent comme des barrières à la concurrence, protégeant les gros joueurs et étouffant les petits.
- La dévaluation monétaire : En imprimant de l’argent et en gérant mal les finances publiques, les gouvernements diluent le pouvoir d’achat. L’épicier ne fait que traduire cette perte de valeur sur l’étiquette de prix.
Le rôle des « experts » et des médias
Les médias et certains analystes participent à cette danse perverse. Il est plus payant, en termes de cotes d’écoute, de nourrir la colère populaire que d’expliquer les mécanismes complexes des tarifs douaniers ou de la masse monétaire. Ils servent sur un plateau d’argent ce que les gens « veulent croire », validant ainsi leur ignorance plutôt que de stimuler leur esprit critique.
Conclusion
Blâmer l’épicier pour l’inflation, c’est comme blâmer le thermomètre pour la fièvre. C’est ignorer volontairement les politiques de salaire minimum déconnectées de la productivité, les taxes cachées et l’ingérence constante de l’État dans le marché organique.
Tant que nous préférerons le confort d’un mensonge simple à la complexité d’une vérité dérangeante, nous resterons les victimes consentantes de la Première Règle du Sorcier.
